Premier texte  d'une série publiée sur un quotidien électronique de nouvelles, de 1996 à 1998
Comme disait si élégamment un illustre inconnu : « La vie, c'est un gros tas de vous savez quoi. Le seul choix qu'on a, c'est la grosseur de la cuiller ». Je choisis la mienne petite, en argent et finement ciselée de mes armoiries que je vous laisse le soin de découvrir si vous en avez la patience et si ça vous intéresse.   Et si vous vous en foutez éperdument, je vous comprends.

Dans un  élan fort louable d'altruisme, je m'exerce par la présente à affûter les  qualités notoires dont je m'enorgueillis, soit : tolérance, pondération et modération, (j'allais oublier : Humilité !)   Encore heureux qu'il reste des gens de mon envergure sur cette petite planète pour mettre en lumière ce qui nous  maintient dans ce bonheur béat, bien emmitouflés dans cette sécurité à toute  épreuve que nous assurent à la fois nos nobles politiciens et nos financiers  bien rompus à cet art dont la précision et l'infaillibilité ne peuvent que nous ébahir.

J'en profiterai donc pour diriger un faisceau de lumière sur ces petits riens de la vie quotidienne qui s'acharnent à nous empêcher de jouir de ce confort acquis de toutes nos batailles collectives éclairées et partant, confort si bien mérité.

Donc, comme premier sujet, je traiterai, avec toute la délicatesse et la modestie dont je me sais capable, des différences qui distinguent le Québec de ses provinces voisines au sein de cette mosaïque culturelle (!) qu'est le Canada.

Au Québec, jamais il ne viendrait à l'esprit de quiconque de mettre de l'avant des politiques qui pourraient, un tant soit peu, porter atteinte à nos libertés individuelles, comme on a pu le voir en Ontario avec les lois interdisant le tabagisme dans les lieux publics.   Encore moins des lois paternalistes qui ne tiendraient pas compte des développements technologiques au niveau des véhicules motorisés tels que l'automobile (90 Km) et les motoneiges (50 Km).   On ne verra donc jamais, non plus, en notre Belle Province, des lois permettant aux représentants raisonnablement rémunérés de notre Gouvernement de nous suivre à la trace au moyen d'insidieux procédés électroniques (Carte médicaments).   Non, au Québec, nous nous distinguons, nous ne sommes pas des « suiveux  ».   Nos lois, nous les inventons de toutes pièces, à partir des besoins des individus, exprimés lors de consultations démocratiques au sein desquelles ne s'exerce aucune pression de groupes d'intérêt particulier.

Au Québec, quand nos politiciens équilibrent nos finances, ils ne copient personne dans leur façon de s’y  prendre.   Ils s’en remettent au respectueux  « gros bon sens » qui leur a permis de se faire élire, sans plus.

C'est probablement pour ce genre de raisons que nous voulons tant que nous soit reconnu notre statut de Société Distincte dans la grande mosaïque.

La langue ?   Ça, c'est une autre histoire et ça n'a rien à voir avec nos différences. La preuve ? Je vous aurais raconté tout cela en anglais et vous auriez compris. Non ?

Je vous prie donc de recevoir mes salutations les plus humbles et timides.


Joseph-Olivier de  Bourru
(JOB pour les intimes)
N’est-ce pas que ça fait élégant le « de » ?

Édition : Polysec