Banlieusard par choix depuis plus de trente ans et travailleur autonome chez moi depuis maintenant quinze ans, j'ai accepté dernièrement un contrat temporaire qui m'impose le centre-ville de Montréal quotidiennement.

En prenant de l'âge, on s'arrête davantage à penser à toutes ces questions restées sans réponse depuis qu'on a mis le pied sur cette planète. Entre autres, qu'est-ce  que je suis venu foutre sur cette crotte cosmique ?

Je n'ai toujours pas de réponse à cette question.   Mais lorsque j'arrive en ville et que j'observe les milliers de gens qui rivalisent de vitesse tant à bord de véhicules qu'à  pied, que je tente de cerner par ce qui m'est offert à la vue l'essence de l'activité humaine qui s'y passe, je ne peux en conclure qu'une chose : La vie, c'est le commerce ! Le reste, c'est rien.  Le reste, ça n'a pas d'importance.    Le reste, c'est des emmerdes, des empêchements au commerce, des tentatives d'échapper au commerce.

Couloirs de métro, couloirs de la gare centrale, couloirs souterrains menant... à des commerces, rien qu'à des commerces, tout est planifié en fonction des commerces.  

Même les indications des stations de métro participent à la confusion. Une flèche comme emblème du  métro... comme toutes les autres flèches incitatives des commerces.

Bien plus, en zieutant les édifices qui entourent celui où je m'esquinte et en écoutant malgré moi les commentaires des gens dans les ascenseurs et dans les  cafés, j'en suis venu à la conclusion que nous somme tous, moi inclus, des peaufineurs d'arnaques.   Chacun s'empresse de se créer des échéanciers serrés,  qu'il tentera d'imposer à ses collègues, qui créeront inévitablement du stress, tant chez l'instigateur que chez ses victimes, et tout ça pourquoi ?   Pour stimuler le commerce.  

Bin écoute donc Joe, à quoi ça sert de te grouiller le cul entre deux joints ?   À faire des sous ?   Pourquoi ? Pour re-stimuler le commerce ? Et la vie là-dedans ?

Bin ça, c'est une autre histoire... à dormir debout... en attendant de dormir éternellement

Job

Édition : Polysec