La semaine dernière, Rachel m'a fait l'honneur de sa présence chérie. Depuis qu'elle s'est casée et qu'elle
a eu son bébé, une fille aussi, toute trace d'intimité s'est dissipée. J'ai parfois cherché son regard
complice, mais elle a soigneusement évité le mien. Cela m'a alors attristée. J'aurais au moins apprécié
qu'elle me montre qu'elle se souvenait, tout comme moi, avec tendresse de nos moments partagés.
Mais nous avions maintenant les joies de la maternité à partager. C'est donc avec un plaisir résigné que j'ai accepté
cette nouvelle direction donnée à notre amitié.
Or, c'est pour cette raison que lorsqu'elle m'a téléphoné la semaine dernière, pour que nous soupions
ensemble, elle, son conjoint et moi, en mentionnant qu'elle faisait garder, pour la première fois, sa tout petite,
j'ai fait un délicieux saut en arrière. Sa voix, un peu rauque, résonnait comme dans mes doux souvenirs.
J'appelai ma soeur, pour lui confier ma Justinette, qu'elle réclame d'ailleurs souvent à grands cris, et je cuisinai
frénétiquement toute la journée du vendredi. Comme mon Homme est loin de moi, et que point d'amants dans ma nouvelle et
sage vie, j'avais aussi un gros travail de gant de crin, de bichonnage et d'épilation à faire... :-)
Je mis en place mon scénario. Je ne me faisais pas trop d'illusions car je savais que mes espoirs étaient
peut-être nourrit par un trop grand vide... D'ailleurs, jeudi dernier, je me suis surprise à être troublée de
façon presque ridicule parce qu'un collègue s'est penché sur mes plans, au boulot. Mon trouble devait être
très évident si j'en juge par le sourire moqueur qu'il m'a adressé, avant de me faire ses recommandations... :-)
Tout était au poil, lorsque Rachel et son italien, Sergio, ont sonné à ma porte. Je portais un ensemble
d'intérieur en fin tricot ivoire avec comme dessous un ensemble Lejaby ivoire et or dont on pouvait apercevoir la bretelle.
Mes cheveux étaient libre, mon maquillage léger... J'étais bien.
Nous prenions un verre et discutions de tout et de rien. Sergio me questionna sur mon livre, publié il y a deux ans et me
demanda pourquoi j'avais cessé d'écrire dans mon journal électronique.
- Je m'y suis remise le mois dernier.
- Tu ne me l'avais pas dit ! dit Rachel
- Je n'y ai pas pensé, d'ailleurs, tu manques à mes lecteurs Rachel ! Tu sais maintenant que je mets des photos ?
- Ah oui? Je vais aller voir ! dit-elle
- D'ailleurs j'ai pensé que je pourrais en mettre une de nous, si ça ne t'incommode pas ! Sergio, tu accepterais
de nous prendre une photo, Rachel et moi, pendant que nous nous embrassons ?
Rachel rougit violemment, et le regard de Sergio allait d'une à l'autre, non sans une étincelle toutefois...
- Non pas tout, ça me ferait même plaisir dit-il.
Rachel le regarda avec étonnement, puis elle me sourit, avec, dans les yeux, un mélange de reproche et de complicité.
Je confiai mon appareil à Sergio, et nous sommes allés dehors. J'embrassai Rachel, proprement, d'abord, puis plus
sérieusement ensuite. Je l'enlaçai franchement et caressai son sein, surprise de son nouveau volume (elle allaite son bébé).
Le flash de l'appareil nous rappelait la présence de Sergio, mais encouragée par la langue fouineuse de Rachel, je me laissai prendre
au jeu et goûtais sa bouche, ses dents, ses lèvres qui m'avaient tant manqué.
Puis les flash ont cessé.
J'imagineai que Sergio devait maintenant savourer la scène l'oeil nu ! :-)
Rachel ne sembla pas s'apercevoir que nous n'avions plus de photographe. Je jetai un regard de biais, mais Sergio n'y était
plus. Il avait laissé l'appareil sur la table et était rentré sans bruit.
Je pressai le corp maintenant plus voluptueux qu'auparavant de Rachel. J'explorai ses nouvelles formes et m'enhardissait de plus en plus. Je brûlais maintenant. Je l'aurais croquée toute crue.
Mais elle chercha elle aussi Sergio du regard et me repoussa lorsqu'elle vit l'appareil photo sur la table. Je la suivit dans la maison et Sergio était
assis, dans un grand fauteuil, le visage congestionné.
- Voyons Sergio, ça ne va pas ? C'était juste pour une photo tu sais ! Tu crois que tu en as des bonnes ?
Rachel me lança un regard surpris et reconnaissant. Sergio me scruta les pupilles, à la recherche du mensonge. Rachel se ressaisit
et prit un air innocent.
- On passe à table ? proposai-je légèrement.
Sergio, encore troublé, hésita puis sourit.
Le repas fut léger et joyeux, bien qu'intérieurement je fulminais. Non mais quel crétin que ce Sergio ! N'estce pas le
fantasme de 90 % des hommes d'être voyeur d'un couple lesbien ?
Fallait qu'elle tombe sur un Saint-Nitouche ! :-)