Princesse de mes deux...

Lors que j'étais petite, j'étais fermement convaincue que j'étais une enfant adoptée, abandonnée par mes parents bio, qui en fait, étaient des princes espagnols en exil. Ma mère eut beau m'expliquer que mon teint basané et mon nez aquilin étaient dûs au sang des indiens d'amérique qui coulait dans mes veines (croisé, naturellement avec celui d'un courageux colon français
***un gueux, forcément***) j'y voyais plutôt la preuve de mes origines latines.

Mon père, conteur émérite, alimentait mes aspirations en me berçant, le soir venu, par une histoire digne de mes origines. J'étais une princesse, perdue dans un champ de marguerites et mon prince surgissait au loin sur la colline sur le dos d'un cheval blanc. Subjugué par la beauté de la princesse, il descendait de sa monture sans quitter celle-ci des yeux. Puis, dans un même élan, le prince et la princesse s'élançaient, l'un vers l'autre dans une course (au ralentit) afin d'être dans les bras de l'être aimé.

Le prince courait et courait et la princesse courait courait (pendant des heures) lorsque...

...cette dernière, immanquablement, se prenait le pied dans une pierre, faisait un vol plané jusque dans une mare de bouette [sachez, amis français que la boue se veut un mélange de terre française et d'eau et que la bouette se veut, elle, composée de terre québécoise et d'eau pure].

Ma robe blanche ainsi maculée je pouvais difficilement me blottir dans les bras de mon prince.

Je t'en veux encore papa.

Après maintes thérapies behavioristes, cognitives et autres foutaises, mon psy m'a suggéré de renouer avec mes nobles origines...

Donc j'assume, persiste et signe...

Lady Sophie de la Violette
 
 
 

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