Minet minet

                             
                             

J'ai vu Jean hier...Nous sommes allés nous promener, dans notre première neige...

En silence.

C'est bien Jean, cela. Être silencieux la plupart du temps, perdu dans ses pensées qu'il risque de mettre sur papier. Quelques fois il parle. Pas nécessairement à moi, car je crois qu'il ne fait qu'exprimer des réflexions qui ne sont pas destinées à être discutées. Juste entendues.

J'ai toujours écouté cet homme avec attention, buvant ses paroles, me nourrisant de ses idéologies socialistes, de ses rêves d'une société juste et équitable.

Mais hier j'ai été épargnées. Nous nous sommes plantés devant le lac, admirant les derniers frémissements avant le gel. Il s'est retourné vers moi, a mis ses bras autour de mon cou, a appuyé son menton sur mes cheveux.

- Sophie... Qu'est-ce que je vais faire de toi? Je ne suis pas le gars qu'il te faut, tu n'est pas la fille qu'il me faut! On a rien en commun...

- Mais oui, on a quelque chose en commun!

Je lui ai mordu le menton et la lèvre inférieure, je me suis frottée à lui. Il nous en faut si peu!

- T'as raison. On a ÇA en commun!

Nous sommes entrés en courant, le rouge aux joues, déjà frémissants. Jean n'a pas, comme amant, le raffinement de Pitou. Mais le désir qui nous anime, à chaque contact, n'a pas besoin de dentelle. En fait, je crois bien que je peux parler de passion brute, sans éclat, mais d'une puissance inouïe. Lorsque j'enlace sa taille de mes jambes et qu'il me pénètre, j'ai l'impression d'être taillée sur mesure pour lui. Les deux doigts de la main, le torchon et sa guenille, Laurel et Hardy! ;-)

Je ne me suis pas endormie après l'amour, malgré l'heure tardive. Mon petit minet est venu gratter sur le bord de mon lit, et je l'ai fait monter. Il s'est couché à ma tête, tout près de mon cou, et j'écoutais, mêlé à ses ronronnements, le souffle profond de l'homme couché à mes cotés.

J'eus un sentiment de dégoût à mon égard. Couchée à la place encore tiède de Pitou, avec son cadeau, mais dormant près d'un autre.

J'eus envie de le réveiller, et de lui dire de s'en aller.

Mais l'idée qu'il n'y soit pas le lendemain matin m'était insupportable.

Sophie

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