Pénible...

J'émerge, doucement, sur la pointe des pieds... j'écris, du bout des doigts...

Je viens d'ouvrir les yeux, d'aller humer l'air glacial du lac, surprise que l'été soit déjà fini. Mes fleurs regardent le sol, mes tomates jonchent le jardin. Je me demande d'où je viens!

J'ai fait maison nette aujourd'hui! J'ai frotté, balayé, récuré. Voici l'heure de faire le ménage dans ma tête. J'ai boudé mon ordinateur pendant des semaines. Pour retarder ce moment. J'ai lu plutôt! J'ai loué des cassettes davantage en un mois qu'en deux ans! Je suis même sortie et j'ai bu aussi! Pas pour me saouler! Juste pour m'engourdir, pour me faire rire...

Alors, je reprends, ici, depuis le 1er août...

Nos derniers jours ensemble ont été doux, calmes. Je me sentais si bien, en terrain connu et conquis! Nos adieux n'ont pas été déchirants. J'ai été digne, et lui un peu froid! Sur la route, en revenant de l'aéroport, je me répétais, tel un mantra, que j'avais vécu une bien belle aventure, que j'allais en garder un bon souvenir, que c'était un chouette mec, que nous allions peut-être continuer à nous écrire, peut-être même nous revoir.

Puis, sans crier gare, mon coeur s'est affolé, mon ventre s'est noué, ma vue s'est brouillée.

J'ai garé la voiture sur le bord de l'autoroute, et j'ai braillé tout mon saoul pendant ce qui m'a semblé des heures.

De retour à la maison, je ne me suis pas attardée sur cet incident. Rachel a réintégré mon nid, et moi je me suis lancé, à corps perdu, dans mon travail. Avec la semaine supplémentaire de vacances que j'ai pris, mes délais étaient un peu courts, et je devais mettre les bouchées doubles pour respecter mes engagements. Finalement, j'ai tellement travaillé, que j'ai même terminé avec un peu d'avance, dès le début septembre.

Tout à coup oisive, mon contrat ayant été assez payant pour ne pas penser au prochain boulot, j'ai sombré dans une profonde mélancolie. Rien de pire que d'avoir du temps pour penser. Rachel a essayé en vain de me sortir de ma léthargie. Pourtant je ne pensais pas tellement à Yan. C'est juste que je n'avais envie de rien. Les journées étaient une succession de minutes, d'heures, toutes plus inutiles les unes que les autres. Je n'arrêtais pas de penser à mon enfance, à mon adolescence, au couvent que j'ai fréquenté, au passé quoi!

Tout était mieux que le moment présent!

C'est déjà trop!

Sophie

 
 
 

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