Tromper l'attente

Je ne tiens plus en place, depuis que Yan m'a confirmé qu'il sera ici vendredi soir. Comme il prendra l'avion de New York vers 18h, je passerai une partie de la soirée à l'aéroport et bien que je trouve que cela fait tard pour notre petite, je tiens à ce qu'elle soit avec moi pour accueillir son papa. Heureusement, elle est calme, et elle s'endormira probablement dans mes bras, à l'heure habituelle de son dodo.

J'ai pu prendre congé cette semaine et je le regrette, le temps est encore plus long. Je cours à gauche à droite, j'ai mal au ventre. Comme j'ovulais en même temps que la pleine lune, j'étais déchaînée. Lundi, ma soeur avait envie de passer la journée avec Justine et elle se proposait de la garder pour la nuit aussi. J'avais plusieurs courses à faire, donc cela me convenait. Malheureusement, à midi j'étais déjà de retour. Je n'avais plus rien à récurrer, pas personne pour qui cuisiner et j'avais ce poids, dans le bas ventre, qui me laissait présager un besoin pressant d'orgasmes. Furieusement, je me suis adonnée à quelques séances de masturbation hygiénique, tout cela pour n'en arriver qu'à un bien pauvre et décevant soulagement.

J'en vins donc à la conclusion que c'est davantage de présence, voire de tendresse dont j'avais besoin. Pas d'amant de service, ni de copain serviable, je n'avais que François en tête. Mais... Surprise ! Me voilà prise d'un aussi soudain qu'inattendu accès de pudeur ! Yan lit parfois ce journal, et je ne voulais pas, à ses yeux, sauter d'un mec à l'autre et je ne voulais pas non plus que l'Avocat s'imagine que je me jetais à sa tête. J'ai, parfois, des principes !

Coup de téléphone à François, lui expose franchement la situation et lui propose de louer un film vidéo que nous pourrions écouter sagement côte-à-côte.

- Je peux même louer un film de gars, du style The Matrix VII et apporter de la bière et du pop-corn et je ne resterai pas tard et...

- Ça va Sophie, et laisse tomber la bière et le pop-corn. Ce sont des aliments de base et j'ai tout.

- Bon bien j'arrive, dans une heure et demie. Bye!

- Sophie ?

- Quoi ?

- Pas obligée de louer un film de gars tu sais.

Je saute dans le douche, m'épile - je ne m'épile qu'au cas où j'aurais un accident de voiture et que le plus bel ambulancier du monde devait m'arracher mes vêtements pour me réduire mes fractures - et me jette dans ma garde-robe. Pas question d'aiguicher. Il va se faire des idées lui... J'opte donc pour des sous-vêtements de coton blanc, une sage jupe en jeans, longue et large, boutonnée sur le devant, et une blouse blanche, large et longue aussi, en coton plissé. Je me fais une petite queue de cheval (j'ai maintenant les cheveux aux épaules), ne me mets que le minimum, mascara et rouge-à-lèvre rose pâle. Puis tiens, exit les lentilles de contact, je décide de mettre mes lunettes. Je me regarde et suis très contente du résultat. J'ai un petit air propret et sage.

Je frappe à sa porte, il m'aide à enlever mon manteau. Il est habillé de noir. Comme lors de nos précédentes rencontres. Il m'embrasse sur les deux joues et apprécie ma toilette, l'air moqueur.

Un assortiment de cochoncetés, pretzels, tortillas, et dieu merci, de chocolat nous attendent sur la table du salon. Et une bouteille de vin blanc au frais.

Nous nous installons assis un à côté de l'autre, on met le film (une platitude) et mangeons. Je saisis sa main et il dépose nos mains jointes sur ma cuisse. Amicalement. Je suis bien, je me détends. Nous parlons peu, absorbés par la télé. Et la bouteille se vide peu à peu, nous sirotons...

François glisse un doigt entre deux boutons de ma jupe. Distraitement, il caresse ma cuisse du bout du doigt. Puis il détache un bouton et glisse sa main dans l'interstice. Celle-ci se promène entre l'intérieur de ma cuisse, que ma position relaxe lui offre sans pudeur et le genou. Les boutons se détachent tous, un à un, à mon insu... :-)

Lorsque son index se fait fureteur au point de se glisser sous l'élastique de ma culotte, je me ressaisis. L'humidité de mon entre-jambe ainsi que mon état alanguit par le vin me signalent que ma volonté est... au point mort. Mais je trouve la force de lui dire presque fermement "François, je ne prends pas la pilule, je suis allergique au latex, et je suis en pleine ovulation ! "

Il se crispa légèrement. Prit un temps d'arrêt et sembla réfléchir. Puis il me dit, d'une voix très douce - Pas grave Sophie, je garderai mes vêtements, pas ce soir que je te ferai un bébé...

J'ai éclaté de rire, je me suis laissée choir sur les coussins et j'ai mis mes jambes dénudées sur les siennes. Nous nous sommes remis à notre film soporifique et il reprit l'exploration de l'élastique de ma culotte. Il glissait son doigt sous celui-ci, effleurant mes lèvres, comme par mégarde. Je basculai le bassin, afin d'offrir une plus grande surface d'exloration. Il m'enleva ma culotte, m'écartant les cuisses d'une main et plongea l'autre dans ma moiteur. Avec deux doigts, il me palpa les parois, quelques fois doucement, d'une mouvement insupportablement lent pour ensuite me labourer, provoquant ainsi une nouvelle giclée de fluide. Puis cela devint insupportable. Il sentit ma mort et du bout des doigts, il appuya fermement sur le paroi ventrale et me griffa doucement, tandis que son autre main caressait directement mon clitoris.

Le soulagement fut, cette fois, une explosion de joie...
 
 
 

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