Relâche

J'ai tout terminé ce que je devais faire au bureau. J'ai eu droit à une belle soirée pour célébrer mon "départ" et peut-être aussi, par le fait-même, mon "arrivée".

Ma décision n'est pas encore prise officiellement. Les conditions qe le bureau m'ont proposées sont des plus alléchantes sauf en ce qui concerne les vacances. Ils m'ont offert un mois. Ce qui, au Québec, est excellent, mais bien loin des vacances estivales des Français. Or, un mois pour moi c'est nettement insuffisant. Je demande six semaines. Par contre, et je ne l'ai pas dit, je suis prête à prendre deux semaines à mes frais, mais je me tais.

En principe, personne ne connaît l'existence de ce journal... J'espère que je ne me trompe pas ! ;-)

L'Avocat m'a invitée à me joindre à un souper entre amis. Il m'a même donné un rendez-vous dans le stationnement d'un commerce, ce qui m'intrigue grandement. C'est ce qu'on appelle un homme prudent. Je me sens dans le rôle du prédateur qui essaie de séduire la jouvencelle. ;-)

Enfin s'il ne veut pas du rôle d'amant dévoué, c'est bien tant pis pour lui ! Ne suis-je pas d'agréable compagnie ? ;-)

(Yan ne m'a pas écrit depuis trois jours. Il me manque)

Mon petit coeur de Justine est au jardin d'enfants aujourd'hui. Je regrette de ne pas l'avoir gardée, il fait si beau et si doux, pour un début décembre, que j'aurais bien aimé me promener près du lac avec elle et jeter du pain aux canards retardataires. Les bernaches ont quitté elles... J'ai vu leur dernier vol la semaine dernière.

(de toutes façons, ses courriels sont navrants de brièveté. Alors que je réponds longuement, lui exposant notre quotidien, les progrès de Justine et mes états d'âmes)

Je crois que je lui en veux un peu d'être sourd à ma peine. Enfin, nous vivons les choses différement je crois. Il ne peut rien faire pour changer la situation, j'en conviens, mais un peu de sollicitude mettrait du baume.

Les hommes ont cette capacité de compartimenter leur vie. En tenant compte en premier lieu de leur nombril.

(Lis-tu encore mon journal ? Je ne t'ai pas dit que je m'y suis remise, je sais... peut-être pas le meilleur moyen de te confier mes attentes...)

Enfin nous passons les fêtes ensemble, en France. Ça ne me réjouit pas d'être loin de ma famille à Noël, mais j'ai vraiment besoin que nous soyons tous les trois. J'ai deux semaines pour m'y préparer ainsi que pour prendre une décision concernant le travail et du même coup, prendre une décision pour notre avenir.

(Ce que j'aimerais, parfois, être libre. D'aller et venir, de penser, d'aimer ou baiser seulement)

Je suis mortelle, je sais... J'ai aussi mes mauvaises journées...

(Écris-moi le soir, tard, quand je dors. Ainsi, à l'aube, ma journée commence avec toi, tout près)

Sophie
 
 
 

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