Froidure et canicule

Lisanne, une copine qui habite à Montréal m'a téléphoné pour prendre des nouvelles. C'est une copine "swingneuse" avec qui j'ai fait les quatre cent coups avant que je ne devienne une respectable personne.

Je lui ai résumé mes derniers déboires et avoué que je passais mes soirées à glander ces temps-ci.

Elle est scandalisée ! Elle qui ne recherche que les plaisirs, elle ne peut accepter que je pleurniche ainsi sur mon sort.

- Tu te souviens, Sophie, comment nous faisions pour lever un mec, question de passer un bon moment ?

- Bin oui, je m'en souviens, Lisanne, mais ça ne m'intéresse plus, les aventures d'un soir, le sexe pour le sexe, petit-déjeuner non-inclus. J'ai envie d'un peu plus de substance, mes préliminaires sont la conversation et l'humour maintenant !

- Pauvre fille ! Tu es à coté de la track ! Le but est le même, c'est de baiser à la fin ! Si tu cherches de la substance, tu vas chercher longtemps, puis c'est pas bon pour ton vagin. Ça fini par sécher cette affaire là. Viens me rejoindre chez moi, on sort ! On va aller se faire huiler la mécanique !

C'est toujours la Sibérie, ici, le thermomètre affiche -40 degrés Celcius. Alors, pas de blouse décolletée, ni de robe satinée pour ma sortie. Comme je suis arrivée tôt chez elle, nous décidons d'aller au Vieux-Port de Montréal, pour aller visionner Les Coraux du Pacifique au cinéma IMAX. Un peu ironique d'aller visionner un documentaire qui se déroule en Polynésie Française et nager avec les requins, pour ensuite ressortir dans ce froid sibérien ! ;-)

Ensuite, Lisanne me propose d'aller à la Cage aux Sports, restaurant dans lequel on peut regarder les sports sur écrans géants et dont le menu est composé de bière, d'ailes de poulet et de frites. Un genre que je n'aime pas tellement. Or Lisanne insiste et son argument est qu'il y a beaucoup de jeunes, d'athlètes, de fêtards et que c'est probablement le seul endroit bondé, par ce froid, car il y a un match de hockey ce soir-là.

J'accepte, je suis une guenille et ma volonté est au point mort. Il y a effectivement beaucoup de monde, sans que ce ne soit bondé et je vois Lisanne choisir une table près de celle d'une bande de voyous. On commande les dites ailes de poulet Buffalo et un bol de frites. J'ajoute timidement "un Perrier s'il-vous-plaît" que Lisanne s'empresse d'annuler. "Apportez un pichet de bière en fût" corrigea-t-elle.

- Ce soir, tu bois Sophie ! Nous prendrons un taxi !.

Bière, hockey, les cris des voyous et l'enthousiasme de Lisanne ont eu l'heur de me faire changer d'humeur. J'ai tôt fait de crier aussi, de siffler et huer au rythme de la clientèle qui bientôt, commençait à me plaire, alcool aidant ! ;-)

Un des voyous, fort bien baraqué, les cheveux foncés et les yeux noirs se lève et vient s'asseoir à mes côtés. Lisanne en profite pour se lever à son tour et prendre la place du jeune homme à sa table. Je suis joyeuse, le mec est joli, très joli, et je regarde sa grande main, tellement grande en fait qu'elle peut faire le tour de son bock de bière et ne pu m'empêcher de l'imaginer, en compagnie de sa consoeur sur mes fesses. Le jeune homme semblait avoir suivi mes pensées. Il se présenta, Dave, et me tendit sa main. Elle était chaude, et la mienne minuscule dans la sienne.

Il commanda un autre pichet et à la fin de celui-ci, je n'avais plus aucune respectabilité

A la fin de la partie, nous étions les plus grands amis du monde et nous avons appelé un taxi, pour terminer la soirée chez Lisanne. Souvenir flou, me reste les fou-rires, l'impression de me faire culbuter et retourner comme une crèpe pendant des heures, les cris de Lisanne dans la chambre à coté et surtout, pour la première fois depuis des jours, des corps couverts de sueur.

Je suis retournée, l'espace de quelques heures, à mes premiers amours. Soit un beau jeune homme, infatigable et toujours prêt ! ;-)
 
 
 

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