Message sur mon répondeur. Une belle voix douce, avec un petit accent.
" Rachel m'a donné ton numéro. Je me suis permis. Merci pour la belle soirée, pour le baiser, pour les câlins et pour le parfum dans mon peignoir. A bientôt, j'espère ".
Décidément, ma lavande est populaire. Dommage qu'il ne m'en reste qu'une seule gerbe.
Il a mon numéro, moi pas. Après des années à mener au doigt et à l'œil, je me sens vulnérable maintenant. Je préfère décider qui je veux voir ou fréquenter, au moment où j'en ai envie que de dépendre du bon vouloir des hommes.
Yan qui refuse de vivre dans ma Sibérie, François qui me refuse une sortie, un lecteur qui m'écrit qu'il y a davantage d'émoticons que de substance dans mon journal et Benjamin qui me téléphonera quand ça lui chantera.
Je suis, je crois, en train de prendre une sérieuse leçon d'humilité.
Bon, j'en avais sûrement besoin, j'admets. Mais c'est un peu douloureux…
Sophie