... et que lui, n'y est pas, et tant qu'à me gorger de l'Homme, jusqu'à ce que j'arrache les draps de mon
lit de rage, aussi bien en profiter pour vous raconter un peu...
Je ne voulais pas le faire, car cela brouille les cartes, et mon journal, bien qu'il ait servit d'appat, dans
le cas présent, ne devait pas devenir un vulgaire outil pour passer mes messages, me déclarer ou
le punir. Un nouvel amour, c'est fragile.
Donc je ne voulais pas le faire, mais je n'ai plus grand chose à cacher. Passé le cap du jeu du chat et de la souris,
des sous-entendus, des battements de cils et invitations déguisées. Je l'aime. Et il le sait.
La preuve, je lui ai déjà pardonné l'impardonnable : me poser un lapin, laisser son téléphone cellulaire allumé et se foutre de ma gueule.
Je sens l'âme de Sainte-Thérèse-de-L'Enfant-Jésus s'emparer de moi.
Fuck !
Mis à part ces quelques accrocs, qui en fait, ne lui confèrent que les imperfections nécessaires à la valorisation
de ses innombrables qualités, tendresses, douceurs et autres indécences, il me met dans un état jubilatoire proche
de la béatitude ! (encore ? Thérèse ! Sors de ce corps !).
Donc j'oscille, entre ses bras, promesse de délices et de souffrances et la solitude rassurante de mon lit, entre le "fais de moi ce que tu veux" et la lettre
de rupture cruelle et sans retour. J'oscille à l'instar de mon pèse-personne qui s'ajuste au gré de
mes journées crève-faim et gym intensive ou de mes séances compulsives de chocolat.
Donc je me porte merveilleusement bien. Pas question de couple, de conjugalité, de bébé. Une relation
atomique qui ne tourne qu'autour de nos deux nombrils entraînant une température telle qu'ils forment, réunis, une
arme thermonucléaire redoutable. La bombe A quoi ! Tout va bien !
Tout va bien !
Sophie