Matinée féminine

J'ai ouvert les yeux, un peu hébétée, je cherchais ce qui m'avait tirée du sommeil. Ma petite toute nue, lovée dans mon dos, n'avait pas esquissé un mouvement. J'écoutai les bruits de l'extérieur, rien. J'en déduis que j'avais simplement terminé ma nuit.

Je m'étire paresseusement, me détachant doucement du petit corps chaud. Puis je me souviens comment elle est venue. J'essaie de la convaincre, depuis quelques jours, qu'elle doit dormir dans son lit. Plein de bonne volonté, elle acquiesce tous les soirs. Peine perdue, je me réveille tous les matins avec ma glue. J'ai donc mis un verrou sur ma porte. Au milieu de la nuit, j'entends frapper, puis une petite voix, pleurnicheuse "Oh non... la porte est barrée". Je l'entends glisser le long de la porte et elle reste là, à sangloter doucement. J'ai résisté au moins une minute et quinze secondes.

Donc je quitte ma petite chatte et je descends faire du café. C'est l'aube, et les premiers rayons inondent la cuisine. Je dresse le couvert. Nappe à carreaux bleus, serviettes de table jaunes, assorties au bouquet de chrysanthème qui trône au centre de la table. Petits pains au chocolat, fraises, yogourt et j'attends, en dégustant mon café, admirant la cour s'illuminer.

Petits mouvements dans ma chambre, suivit de petits pas, rapides et enthousiastes. Elle a le réveil de sa mère.

Elle apparaît dans la cuisine, les yeux tout petits mais déjà rieurs, les joues pleines de fossettes. Elle grimpe sur mes genoux et vient chercher encore un peu de chaleur. Je lisse les bouclettes, elle lève la tête et me dit "Ils sont horribles mes cheveux hein ?".

Nous ne sommes qu'en mars, mais ce matin, c'était la mer, le vent chaud du sud, le soleil de l'équateur, une pluie d'étoiles filantes, une aurore boréale.

Sophie

 
 
 

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