Le réveil

Doucement, m'extirper de ma torpeur. J'ai l'impression d'avoir hiberné presque un an. C'est fou comment le fait d'être amoureuse m'a obnubilée, m'a habitée toute entière, à chaque instant pendant tout ce temps. Maintenant que je m'éveille, je cligne des yeux, éblouie par trop de lumière, mon cerveau décode à nouveau les bruits de la ville, je recommence à vivre et à respirer pour moi.

Il m'est même arrivé d'aller travailler, la semaine dernière, pas épilée, et même, horreur, avec une culotte non assortie à mon soutien-gorge. J'ai réussis aussi à m'acheter un vêtement juste pour être confortable, sans me demander s'il l'aimerait. J'ai commencé à aller au gym, et je cherchais, dans ma garde-robe, un survêtement convenable. Et ça m'a étonnée de voir que chaque morceau que je tâtais dans mes tiroirs, je l'avais acheté en pensant à lui.

Ce qui est dommage, cependant, c'est que j'aurais envie de me reposer, dans des bras pas trop compliqués, des bras jeunes, forts et disponibles. J'aurais envie de quelque chose de léger, d'amusant, de distrayant. Mais je ne peux me résoudre à vivre quelque chose de moins... intense. Tous les autres me semblent fades, sans intérêt.

Shame on me ! C'est le prix à payer, lorsqu'on se laisse aimer une crapule !

Sophie

 
 
 

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