Lorsqu'il s'en va, souvent pour plus d'une semaine, je soupire presque de soulagement. Plus d'acrobaties
d'agenda, je me retrouve, je me recentre. Je travaille mieux, je reprends ma routine.
Puis... il vient à me manquer. Le jour du retour approche. Je compte les dodos, je me répète que ça
passe vite, que le temps file. Le ton de ses mails changent. Il devient aussi impatient. C'est toujours
dans ces moments que je fais le plus dur. Je me réveille la nuit, les couvertures en désordre, un oreiller entre
les jambes, j'ai l'air d'une morte au petit matin, comme si j'avais couché sous un pont. La panique me gagne. Je cours à la
pharmacie, reprends mes vieilles obsessions de petits pots de crème, je m'use la peau à force de frotter au gant de crin. Vite
un traitement brillance pour les cheveux, un onguent spéciale lèvres douces, je cherche la carte de mon esthéticienne...
Je n'arrive jamais à être à mon meilleur lorsque je le vois. Suis toujours... fatiguée. En fait, j'irradie après l'avoir
vu. Avant, je suis comme une plante oubliée, sans eau, sans terre, sans vitamines.
J'ai aussi une obsession de sous-vêtements. Je l'avais sans lui, mais là, c'est le comble. Mon panier déborde de dessous
multicolores, et j'en ai acheté trois autres cette semaine.

Vous imaginez l'hystérie, quand vient le temps de choisir ?
Sophie